• Kuro ryü no gemu - partie 9

    Chapitre 9


    <POV Yuukiichiro>

     
    Son visage souillé, rougi pas le plaisir ou la honte, me regarde et je ne sais pas quoi dire, quoi faire. Comment avons-nous pu faire ça? Comment ai-je pu?  
     
    Du bruit dans le couloir nous force à nous dépêcher de paraître innocent. Nous nous rhabillions et faisons en sorte que rien ne paraisse suspect. Juste à temps… Tokiya Chikamas, le Wakagashira de Oyabun-sama entre dans la pièce. Il nous trouve silencieux, essoufflé presque pour le Kozou Oyakata. Assis sur le siège qu'il occupait au début.  
     
    T.C : Kozou-sama, Matsuda-kun.  

    M.Y : Sama! dis-je en me baissant le plus possible pour la révérence. Mais Akihiko-sama m'oblige à me redresser.
     
    T.A : Reste droit Yuukiichiro, tu es blessé.  

    T.C : J'ai appris la nouvelle récemment. Un conseil du Gumi va se rassembler dans une heure. Nous déciderons de ce qu'il va suivre pour vous après votre rétablissement. Quoi qu'il en soit, dès demain vous serrez transférer dans votre chambre dans le manoir Temple Tamagochi. Vous serez, durant votre période de rétablissement, exclusivement le Senseide Kozou-sama. Lors de la réunion à venir, nous déciderons de votre rôle de garde du corps et de Shatei-gashira. Ainsi que la sanction endurée pour avoir failli à votre devoir.  
     
    Wakagashira-sama s'en va juste après, sans faire attention à nous, seule une révérence d'au revoir au kozou-Oyakata, a été faite.  
     
    T.A : Sanction? Que voulait-il dire?  

    M.A : Votre vie a été mise en danger, vous auriez pu être blessé à cause de mon imprudence. J'ai préféré vous défendre  à l'endroit même que de fuir avec ma jambe blessée.  

    T.A : Tu ne pouvais rien faire d'autre pourtant!
     
    Il est en colère, ça se voit, il veut savoir ce que je risque.  
     
    M.A : Tout dépend de votre père. Je peux perdre mon statut, mon rôle de garde du corps, mon rang ou même être sanctionné comme dans l'ancien temps. Il me couperait un doigt.


    < POV Akihiko >


    - Doushte [Pourquoi ?] ! Je ne comprends pas… tu m’as pourtant sauvé la vie et ils veulent te punir ?

    Yuukiichiro, baisse la tête et ne me répond pas. Je veux comprendre, je veux savoir pourquoi une telle loi et une telle sanction existe…

    Aki : Je ne compre…

    « Toc toc toc »

    On se tourne tous les deux vers la porte. Un jeune homme élégant, cheveux courts noirs et yeux noirs, apparaît dans la chambre. Il porte un costume noir et j’aperçois une arme à feu sur son côté droit.  Son regard glacial me fait frissonner, il se baisse en nous disant,

    - Shitsurei shimasu [Excusez-moi de déranger]

    - Renji-kun ?

    Yuukiichiro semble surpris. Je me tourne vers le dénommé « Renji » qui se baisse alors pour me saluer.

    - Hajimemashite Kozou-sama ! Watashi wa Matsuda Renji desu. [Enchanté, jeune maitre ! Je suis Matsuda Reiji.]

    Matsuda ? Il ferait partie de la famille de Yuukiichiro ?

    - Ogenki desu ka Onii-san? [comment vas-tu grand frère ?]

    - Genki desu [je vais bien]
     
    - J’ai été désigné comme nouveau garde du corps jusqu’à ton rétablissement.

    - Très bien

    Yuukiichiro devient subitement assez froid et me demande de partir car je dois retourner me reposer et dormir un peu avant les cours. Il est déjà très tard et j’aurai besoin de sommeil. Si je le pouvais, je resterais bien à son chevet jusqu’à ce qu’il aille mieux… de plus… c’est à cause de moi s’il s’est retrouvé dans cette état…

    - Akihiko-sama ?

    Je sors de mes pensées et mes yeux qui doivent montrer mon trouble se fixent sur ceux de Yuukiichiro. Il tend le bras vers mon visage et au dernier moment le redescend en détournant la tête comme un enfant se privant de sucrerie ou autre chose qu’il voudrait posséder. Il me dit alors d’une sa voix neutre et posée,

    - O daiji ni.  [Prenez-soin de vous.]

    Renji-san s’approche alors de moi en me disant qu’il faut partir, de le laisser se reposer et me demande alors de le suivre car la voiture nous attend. Je me lève pour l’accompagner et juste avant de sortir de la pièce, je lance un regard vers Yuukiichiro qui me fixe intensément. Je frissonne, déglutie difficilement et le laisse seul dans cette pièce blanche.

    Je me rends vers la voiture silencieusement. Un flot de questions et d’incompréhensions tourbillonne dans ma tête. J’ai des flashs de la journée que j’ai passée, de la violence dont j’ai été témoin.

    Arrivé à la maison, je ne dis pas un mot et vais me coucher. Ma mère rentre dans ma chambre et court vers moi. Après s’être assurée que je n’ai rien, elle me borde et sort de la pièce. Je me retrouve dans le noir, le regard vide et la tête pleine de pensées. Je n’arrive à m’endormir que très tard et c’est au petit matin que je me réveille difficilement en envoyant balader un Ray inquiet et quelques peu exaspéré.

    - Akihiko-sama… vous allez être en retard et…

    - Et alors ?

    - Vous ne devez pas vous morfondre car…

    - Car quoi ? Qu’est-ce que tu en sais de mes sentiments,  hein ?

    - C’est vrai que je ne connais pas vos sentiments, mais j’étais aussi là hier, lors de la confrontation avec l’autre Gumi…  alors je peux vous comprendre en partie…

    Ray baisse la tête en disant ces mots. Je sais très bien qu’il dit ça pour me remonter le moral mais… Yuukiichiro est blessé parce que je n’ai pas voulu l’écouter et maintenant il est sur un lit d’hôpital. Il risque aussi d’avoir des problèmes et même de perdre son rang…  Moi qui voulais ne pas créer de problèmes et ne pas faire de mal aux autres… c’est une belle réussite ! Mais ce n’est pas vrai, comment a-t-on pu en arriver là ?

    Une main se pose sur la mienne et en tournant la tête, mon regard parsemé de larmes plonge dans les pupilles profondes de Ray. Les larmes coulent sur mes joues et s’accrochent à mon menton avant de tombées sur le lit satiné. Les mains de mon majordome sèchent les gouttes avec douceur. Il me dit des mots pour me rassurer mais je ne cherche même pas à comprendre leur sens, me contentant  de me laisser bercer par le timbre posé et déterminé de sa voix.  Cette voix qui jadis m’a déjà consolé. Ray a toujours vécu avec moi, dans cette maison. Enfin presque toujours, Oto-sama me l’a présenté un jour, je devais avoir cinq ans. Il m’a dit que Ray serait mon majordome et mon ami et que je devais en prendre soin autant qu’il prendra soin de moi. Nous sommes alors devenus les meilleurs amis au fil du temps et il a endossé le rôle de conseiller. Il a toujours été là pour moi et il est la personne qui me connait le plus et qui sait me comprendre sans que je doive prononcer quoique ce soit. Il me fixe et me dit alors,

    - Venez…

    Il me tend une main que j’attrape. Il m’emmène alors dans la salle de bain et me déshabille, puis me lave et m’habille. Nous prenons les bento et montons directement dans la voiture partant en direction de l’école. Le trajet se déroule silencieusement. Mon nouveau garde du corps est à la place qu’occupait Yuukiichiro et mon cœur se serre en pensant à lui.

    Nous arrivons au bahut. Les grilles sont déjà fermées mais quelques mots échangés avec le gardien, et la porte s’ouvre nous laissant passer. La cour est vide, ce qui ne m’étonne guère, la sonnerie a retenti il y a plus d’une demi-heure déjà. Je passe la grand porte, m’arrête devant les casiers à chaussures et prends mes wabaki bleu et blanc. Je les enfile sans grande hâte et marche dans les couloirs suivit de près par Ray et Renji-san. Je fais coulisser la porte et pénètre dans la salle de classe. Le professeur s’arrête de parler en me voyant et je ressens une certaine tension autour de moi. L’enseignant me demande de prendre place. Un petit rire m’assaille soudain. Alors voilà, c’est donc ça, ce qu’on appelle la crainte de l’autre ? Le professeur est pétrifié devant moi. Je jette un regard vers les autres élèves qui me fixent tous de la même façon. Je soupire et m’avance jusqu’à ma chaise. Les visages de mes soi-disant amis se baissent à mon passage. Je m’assois et regarde par la fenêtre en me disant que plus rien ne sera comme avant. Renji-san se positionne derrière moi qui suis placé tout au fond à droite de la salle.

    Midi, la pause repas est enfin arrivée. Je sens très bien les interrogations de mes camarades de classe. Ainsi, je décide de me rendre sur le toit pour échapper à leurs questions muettes. Je prends mon bento et sors de la classe. Les filles courent toutes vers les grandes fenêtres de la classe et me regarde en poussant des gloussements et en parlant d’une voix stridente.

    Je ne fais pas attention, il semblerait que ma popularité ait grimpé en flèche depuis l’annonce de mon appartenance à une famille de Yakuza. Je m’avance vers les escaliers et monte les marches jusqu’au toit. Je pousse la porte et respire un bon coup. J’aperçois des gens mais je ne fais pas attention à leur identité et je vais m’assoir dans un coin, en regardant le ciel, la seule chose qui me calme et me détend. Ray ne m’a pas suivi, il a son club et je ne peux guère lui en vouloir. Quant à Renji-san, je l’ai semé comme je l’avais fait avec son grand frère quelques jours plus tôt. Je rigole en revoyant la tête de Yuukiichiro à mon retour vers la voiture ce jour-là.

    - Tu es Akihiko-kun, c’est juste ?

    Mon regard se pose sur un groupe de gars qui prennent place autour de moi. Je les reconnais tout de suite. Ce sont eux qui font la loi dans le bahut, c’est avec eux qu’il ne faut pas se friter aux risques de se faire démolir. Chacun commence à me dire en quoi je suis connu dans le bahut,

    - Tu es connu tu sais ? Tu es dans le top 10 du classement des meilleurs élèves du bahut

    - Ouais, tu es populaire et tu as un fan club.

    - Tu es reconnu pour être l’un des meilleurs au kendo, ayant amené l’école au tournoi Inter-lycée.

    Leur chef prend alors la parole,

    - Et maintenant on ne parle plus que de toi ! Du fait que ton père finance cette école et que tu fais partie d’une famille de Yakuza.

    Lexique chap 9:

    Gumi = Clan de Yakuza
    Sensei = Professeur
    kozou-Oyakata = Jeune maitre
    Oto-san = père
    Bento = boîte repas
    Wabaki = des pantoufle qu’on met pour l’école

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