• Kuro ryü no gemu - partie 10

    Chapitre 10


    < Akihiko >


    Leur chef prend alors la parole,

    - Et maintenant on ne parle plus que de toi ! Du fait que ton père finance cette école et que tu fais partie d’une famille de Yakuza.


    Je suis pétrifié, je peux à peine bouger et respirer. Une famille de Yakuza ? Ce n’est pas parce que j’en fais partie que j’en suis forcément un… enfin… je ne crois pas en être un.

    - Hey ! Je t’ai parlé, tu sais ? La moindre des choses est de répondre, tu crois pas ?

    Mes yeux se fixent sur lui me sortant soudain de mes pensées. Je réfléchis un moment à ce que je devrais dire mais rien ne me vient à l’esprit.

    - Pour ce qui est du financement de l’école, je n’en ai jamais entendu parler.

    Le chef commence soudain à rire, entrainant le rire de sa bande. Lorsqu’il se reprend, le silence retombe et nous n’entendons que le bruit du vent. Son regard me glace le sang, il me fixe et me dit,

    - Donc le reste est vrai ?

    Je ne sais pas quoi répondre car je ne sais pas ce qu’il veut entendre et ce qu’il fera après avoir eu la réponse. Des images défilent dans ma tête. Je revois le carnage qui a plongé la rue dans un bain de sang. Je commence à trembler en revoyant ces images et je sens les larmes monter. J’ai soudain de la peine à respirer et je vois trouble. Je m’appuie contre le mur pour essayer de ne plus ventiler. Les yeux fermés, j’ai soudain l’impression d’entendre la voix de Yuukiichiro avant que tout ne devienne noir,

    - Kozou-sama !

    ***


    - Yuukiichiro !!!

    Je me réveille en sursaut en criant son nom. Un main se pose sur mon torse et me demande de me calmer. Je tourne les yeux et vois que la main appartient à Renji-san.

    - Renji-san… Que m’est-il arrivé ?

    - Vous vous êtes évanoui Kozou-sama !

    J’essaye de me remémorer les derniers événements avant de me sentir mal et je jette un œil autour de moi. Je suis dans ma chambre, couché sur mon lit et torse nu. Je rougis en apercevant les marques des baisers de Yuukiichiro sur mon ventre et mon torse. Je dois être couverts de suçons, impossible que Reiji-san ne l’ait pas remarqué. Je déglutis, cache mon corps avec le drap et je lève les yeux vers lui. Il me dit alors que j’ai le droit de prendre du bon temps, mais que je ne dois pas mettre de fille enceinte. Je souris à ses recommandations en pensant qu’il n’y a aucun risque pour que ça arrive à son grand frère ou à moi. Yuukiichiro… je me tourne vers Renji-san et lui demande de ses nouvelles. Mon garde du corps m’informe qu’il a été transféré dans un de nos pavillons et qu’il est soigné par des personnes très compétentes. Il me dit aussi qu’Oto-sama souhaite que je poursuive mon apprentissage pour ce qui est de la théorie en attendant qu’il se rétablisse.

    - Oyabun-sama exige que dorénavant, vous ne portiez que des kimono en dehors de l’uniforme de l’école !

    Mes yeux se posent sur l’habit traditionnel de la famille. Il est composé d’un montsuri, un kimono traditionnel en soie noire ornée des armoiries familiales, d’un haori, une veste que l’on enfile sur le kimono, d’un hakama, un pantalon-jupe large porté sur le kimono et d’un himo, deux cordons tressés qui maintiennent le kimono.

    Cet habit se porte avec des setta, des sandales en jonc, de la même matière que les tatamis avec une semelle en cuir.



    Ray rentre dans ma chambre avec les accessoires. Il s’approche de moi pendant que Renji-san quitte la pièce. Je me lève et me retrouve vite nu. Il me fait porter un Rokushaku fundoshi, un sous-vêtement traditionnel et m’habille.

    - Ray je ne suis pas sûr de pouvoir supporter le fundoshi très longtemps !

    - Il le faut Akihiko-sama, ce sont les ordres de votre père… une fois habillé, nous nous rendrons dans le pavillon où se trouve Yuukiichiro pour que votre apprentissage commence.





     


    < POV Yuukiichiro>

    Je suis assis devant une table basse depuis ce matin. Mon devoir est à présent d'enseigner à kozou-sama l'art d'être un bon oyabun. Je ne sais pas vraiment comment je dois réagir après ce qu'il s’est passé. Et dans un sens, je ne mérite plus d'être son garde du corps et encore moins shatei-gashira.

    A peine arrivé dans le pavillon qui m'a été assigné, Oyabun-sama m'a demandé d'enseigner à son fils ce qu'il doit absolument savoir. Le petit bâtiment comporte une pièce principale avec une salle de bain et une plus petite pièce séparée, ainsi que les toilettes.

    Le soir, j'entends des pas approcher, puis une personne annoncer Kozou-sama, Ray et Renji-kun. Ils entrent. Kozou-sama semble gêné, il n'ose pas me regarder. Je dois garder mon calme et me contrôler. Si je me montre faible, je mériterais encore moins de faire partie de son entourage.

    Renji-kun s'avance vers moi.

    - Onii-san, je vois que tu te remets de tes blessures.

    - Renji-kun, ne fais pas comme si tu étais inquiet à mon propos. Ta mère doit être contente de mon état, elle.

    - Ne parle pas de ma mère comme ça!

    - Ne me parle pas de cette manière! Je ne t'autorise pas à agir ainsi à mon encontre, n'oublie pas qui tu es. Ta position actuelle n'est due qu'à une erreur de jugement de ma part.

    - Tu n'es plus qu'un simple sensei ! Ta position et ton rang vont me revenir !

    Il me regarde, les yeux noirs de colère et un sourire narquois au visage, il semble content. Kozou-sama, quant à lui, paraît énervé. Il observe mon ototo comme s'il avait commis une faute. Il finit par le regarder et le congédier.

    - Renji-kun, sors de cette pièce, et ne reviens pas avant que mon cours soit fini.

    Le ton est sans appel. Mon jeune frère semble surpris et part après une révérence. Ray sort à son tour. Kozou-sama semble d'un coup plus timide, rougissant presque. Malgré ma position, je ne peux m'empêcher de le voir comme un enfant, ou plutôt...

    Je dois me reprendre.

    - Kozou-sama, allez-vous bien?

    - Bien sûr, oui, je... je me demandais juste…

    Il semble hésiter puis se lance.

    - Pourquoi, Renji-kun et toi, semblez… vous battre pour le poste?

    - Nous ne sommes que demi-frères. Etant le plus âgé je suis celui qui reprendra la direction de la famille. Mais la femme actuelle de mon père, la mère de Renji, veut que son fils soit l'héritier.

    - Vous n'avez pas la même mère?

    Kozou-sama semble perplexe.

    - Ma mère, la première femme de père, est morte pendant l'accouchement. Je ne l'ai jamais connue. Puis, il s’est marié avec la jeune sœur jumelle, de ma mère. Renji est né de cette union.

    - C'est pour ça, que vous vous ressemblez?

    - Oui, nos mères étaient jumelles, donc nos ressemblances sont proches.

    - D'accord...

    Il semble réfléchir à je ne sais quoi, mais je dois faire mon travail, comme Oyabun-sama me l’a demandé.

    - Bien, nous devons commencer. A partir d'aujourd'hui, chaque soir, nous aurons des cours ensemble. Durant cette période, comme l'a demandé votre père, je ne serai que votre professeur.

    - D'a...d'accord.

    - Bon, déjà pour commencer, il faut que vous connaissiez la ville.

    - Je la connais, enfin à peu près.

    - Oui, vous la connaissez comme un lycéen la connait. Mais Il faut que votre connaissance soit plus absolue.
     
    - Arrête s'il-te-plait.

    - Que dois-je arrêter?

    - De… de me vouvoyer.

    - Vous être mon élève ici présent et ailleurs vous êtes le fils de mon maitre, je ne peu…

    - Non! Tu me tutoies!

    - Je ne pe...

    - Tutoie-moi!

    Il continue quelques minutes, m'ordonnant même de le tutoyer.

    - Je... Je ne pourrais le faire qu'en privé.

    - Pff, ok, mais alors tu me tutoies dès qu'on est seul !

    - Oui. Bon, Nous devons continuez. Regardez... Regarde la carte. Comme tu le sais, ici, nous sommes dans l'arrondissement du Kamigyo-ku, au centre de la ville. Proche du temple Shokokuji et de la station kuramaguchi du métro.

    - Et mon lycée est dans l'arrondissement d'Okazaki.

    - Voilà. Le clan yamagochi-rengi, le nôtre donc, a la main sur plusieurs quartiers de la ville et des alentours. Mais certains autres gumi possèdent aussi des quartiers. Nous possédons le Nord et l'Est de la ville

    - Qu'est-ce que m’apporteront toutes ces connaissances?

    - Vous allez diriger le clan!

    - TU!

    - Zannen, Tu vas diriger le clan. Il faut que tu connaisses la ville et les alentours. Les ennemis présents et les alliés. C'est la base pour diriger un gumi tel que celui que tu vas avoir.
     
    - Oto-san connait-il tout cela?

    - Oui, il connaît le moindre ennemi et allié, il se doit de tout connaitre. Des centaines de vies sont entre ses mains.

    - Et seront entre mes mains...

    - N'oublie pas que tu ne seras pas seul. Ton futur wakagashira sera là pour t'aider, ainsi que ton Shatei-gashira.

    - Toi...

    - Surement…

    - Comment ça surement?

    - Comme l'a dit mon jeune frère, ma place de shatei-gashira est peut-être compromise. Je risque de n'avoir comme rôle qu'être ton sensei durant ta formation, je deviendrai après un simple kobun du clan.

    Son regard se baisse, à quoi pense-t-il? Il est penché, le coude droit sur la table, le visage caché par ses doigts. Seul un œil et l'arête de son nez est visible. Je ne peux m'empêcher de le trouver beau, même si je n’en ai aucun droit.

    - Qui sera mon wakagashira?

    - Tokiya Chikatoshi

    - Tu le connais?

    - Nous avons été élevé ensemble, il est « mon frère de sang ».
     
    - Tu lui fais confiance.

    - Oui, il est une des seules personnes pour qui je confirais votre vie sans risque.

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