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    Chapitre 1.

    <POV Akihiko >


    - Akihiko-sama

    - Mmmmh

    - Akihiko-sama ! C’est l’heure de vous réveiller !

    - Encore cinq minutes Ray…

    - Non Monsieur, vous avez juste le temps de manger et de filer en cours.

    - Arrête avec tes « Monsieur » et tes « -sama », je te l’ai déjà dit pourtant…

    - S’il vous plait Akihiko-sama, ne vous retournez pas, ce n’est plus l’heure de dormir…Akihiko-sama !!!

    - Oui, oui d’accord, mais arrête de me vouvoyer…

    J’ouvre les yeux difficilement et regarde mon majordome préparer mon uniforme scolaire. Je baille, m’étire et m’extrais de sous la couette.
    Je me rends ensuite à la salle de bain, prends une douche et commence à me préparer. Un coup de peigne dans les cheveux, du déodorant et le tour est joué. Je me rends à nouveau dans ma chambre où Ray m’y attend, une chemise en main. Il m’aide à m’habiller et noue ma cravate.
    Nous nous rendons alors dans la pièce commune. Je m’arrête devant le fusuma de l’entrée. Ray m’annonce et nous attendons. La porte coulisse et une servante, assise au pied de la porte s’incline en baissant la tête comme signe de respect. Je la remercie et aperçois alors ma mère assise à table, sirotant un thé vert. Je m’avance à pas feutrés, m’incline et la salue respectueusement.

    - Ohayo gozaimasu Oka-sama. [Bonjour, mère]

    - Ohayo gozaimasu Akihiko-kun. Bien dormi ?[Bonjour...]

    - Oui Oka-sama et vous ?

    - Très bien merci. Tu peux prendre place.

    Je m’incline et m’exécute en silence.

    Au cas où vous vous le demandiez, nous sommes bien en 2011, au 21ème siècle. J'ai été éduqué dans la manière traditionnelle japonaise. Les mots d'ordre sont la tradition, la discipline et le respect.

    Une fois le petit-déjeuner avalé, Ray et moi filons dans la limousine qui doit nous amener jusqu’à Okazaki Johsei, notre lycée. Si je devais vous présenter mon lycée en quelques mots, je dirais que c’est une école privée qui accueille des étudiants issus de familles aisées.
    Je me nomme Tamagochi Akihiko et je suis en première année de lycée. Je suis une personne qui n’aime pas se faire remarquer mais je passe malheureusement rarement inaperçu. Je vie dans une famille aisée, et je quitte rarement la demeure sans limousine. C’est une demande de mon père que je n’ose refuser. « Mon fils se doit de bien se tenir en public et de faire bonne figure » voilà ses paroles. Bon vous allez me dire que je n’ai pas me plaindre, j’ai mon chauffeur privé et un majordome mais si j’avais pu choisir, j’aurais voulu faire comme tout le monde. Me rendre à l’école en vélo et pouvoir passer du bon temps avec mes amis comme aller au karaoké ou au Game Center après les cours ou encore prendre des photos dans des Purikura et rigoler avec mes amis. Mais les règles familiales sont strictes. Alors je me plie aux exigences familiales.

    Nous sommes en septembre et comme toutes les écoles, nous reprenons les cours aujourd’hui après un mois de vacance. On est parti pour trois mois d’études intensives. Donc si je devais vous l’expliquer, je pourrais vous dire que l’année scolaire est divisée en trois semestres : avril-juillet, septembre-décembre et janvier-mars. Les grandes vacances sont entre le premier et le deuxième trimestre mais nous avons également deux semaines à noël et trois à la fin de l’année scolaire.

    Les cours débutent officiellement à 8h30 pour finir à 15h30. Nous avons également cours le premier et le troisième samedi de chaque mois, mais seulement de 8h30 à midi. Les cours durent cinquante minutes avec de petites pauses de cinq minutes chaque heure. Enfin c’est l’horaire officiel comme je le dis plus haut car les étudiants ont tellement peur de la sélection et de ne pas pouvoir intégrer une université renommée, qu’ils passent leur temps à prendre des cours supplémentaires. Les pressions subites par les familles sont élevées ici. Il n’est donc pas rare de voir les cours commencer à 7h30 pour finir vers 17h00. Nous passons notre vie à étudier ? Oui on pourrait dire ça, car nous étudions en classe, viennent ensuite les cours du soir, qui pourraient être l’équivalent des « devoirs surveillés » et ensuite nous étudions à la maison. Les leçons rythment nos soirées : devoirs pour le lendemain, ceux du weekend et ceux des vacances. Les journées se prolongent donc soit par les cours du soir, les cours particuliers ou par les différentes activités parascolaires appelées le plus souvent « clubs » qui sont non obligatoires mais auxquelles environ 80 % des élèves participent.

    - Akihiko-sama

    Je tourne la tête vers Ray qui me tend mon bento. Un sourire gêné s’affiche sur son visage.

    - Je suis désolé de ne pas pouvoir manger avec vous Akihiko-sama mais mon club se regroupe aujourd’hui pendant l’heure du repas.

    - Ne t’inquiète pas, ce n’est pas comme si j’allais me retrouver seul pour manger…

    La voiture s’arrête devant l’école et nous sortons du véhicule. Sans étonnement, un attroupement de filles vient nous encercler.

    - Tamagochi -KUUUUUUNNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !

    - Vous avez bien dormi ?

    - Vous n’êtes pas trop fatigué ?

    Une voix plus forte retentie

    - Laissez Tamagochi-sama tranquille, faites-lui de la place !!!

    Tout le monde s’écarte et laisse passer Nina, la présidente de « mon » fan club. Oui vous avez bien lu, « mon » fan club. Au Japon il n’est pas rare que les étudiants aient un « fan-club », surtout si vous êtes populaires dans le lycée.

    - Toutes mes excuses Tamagochi-sama !!!

    Je soupire et me mets en marche pour rejoindre quelques amis aperçus en sortant de la limousine. Nous nous rendons alors tous au cours.
    La pause midi arrive après quelques cours ennuyeux et nous nous installons par terre pour manger. Kira-kun, un de mes amis sort un jeu de carte et nous nous mettons alors à jouer plusieurs parties de rami. La journée se passe tranquillement et à 15h30 je me rends à mon club de kendo. Je m’échauffe pendant 30 min et ensuite fait plusieurs combats. A 19h, je quitte la salle et voit Ray assit sur les escaliers.

    - Désolé, tu m’as attendu longtemps ?

    - Non, je suis là depuis 20 min.

    Nous montons dans la voiture et rentrons chez nous.

    Les portiers à l’entrée du domaine nous ouvrent les portes et nous pénétrons dans la propriété. Je suis extenué et il me reste encore de longues heures d’études pour finir les devoirs donnés aujourd’hui en classe. La voiture passe devant beaucoup de personnes qui s’inclinent au fur et à mesure que nous passons devant elles. Nous arrivons ensuite devant les dojos, puis le pavillon réservé aux invités pour aboutir devant la résidence familiale.

    Nous pénétrons dans la demeure et je me rends directement dans ma chambre. Ray me fait couler un bain et m’aide à me déshabiller.

    - Ray, je peux très bien le faire tout seul…

    - Ça fait partie de mon travail Akihiko-sama

    Je n’aime pas quand il me dit ça, il sait très bien qu’il est avant tout plus un ami qu’un majordome…
    Nous descendons au salon pour manger. Ma mère est déjà à table avec ma petite sœur.

    - Onii-sama ! [Grand-frère]

    - Kanbawa Kotoko-chan ! Tu vas bien ?[Bonsoir Kotoko]

    - Oui très bien merci.

    J’aime bien Kotoko, elle est une bonne vivante. Elle est dans une école de filles donc nous nous voyons rarement mais j’aime passer du temps avec elle.

    - Oka-sama, Ota-sama n’est pas rentré ? [mère, père n'est pas rentré?]

    - Non, il avait des personnes très importantes à voir. Il rentrera ce soir.


    <POV Yuukiichiro >

    Le casino est plein. Je suis avec plusieurs gars. Nous sommes chargés de surveiller Tomoku Casuo. Tomoku-san est un homme d'une trentaine d'années, qu’Oyabun nous a chargé de surveiller étant soupçonné de trahison et vol dans le Casino. Posté près des tables de Blackjack, j'attends qu'il se montre et fasse une erreur. Dès que nous le verrons, notre simple mission sera de l'emmener dans la ruelle arrière, de le forcer à nous rembourser, et en fonction de sa réponse nous devrons agir.

    Je suis Matsuda Yuukiichiro, j'ai 21 ans et je suis aux ordres de mon Oyabun. Mon père Matsuda Daïki est le garde du corps personnel de l'Oyabun ainsi que le Shatei Gashira. Quand le successeur de l'Oyabun devra s'entrainer, je serai là. J'ai été élevé pour ça, suivre les traces de mon père.

    Dans ma famille, le premier-né et surtout le premier fils est celui qui succédera à son père, pour la protection de l'Oyabun. Les Matsuda ont toujours été les Shatei Gashira et surtout gardes du corps. Depuis mon plus jeune âge, mon père m'a éduqué pour prendre sa suite. Chaque jour depuis mes quatre ans, j'apprends les arts martiaux et l'art du Sabre. Bien sûr, depuis trois ans j'apprends aussi bien d'autre chose.

    A mes 18 printemps, je suis entré dans le Gumi en tant que Kobun mais aussi futur Shatei Gashira. Dans d'autres Gumi, je serais directement considéré comme un « -sama », mais chez nous, tout poste se mérite, même si je suis, de par mon sang, sûr d'être Shatei-Gashira. Je dois montrer de par mes actions que je mérite la place de Shatei-Gashira pour succéder à mon père, lorsque que le fils de l'Oyabun devra succéder au sien.

    Beaucoup de Kobun disent que le futur Chef est un jeune qui n'est pas au courant de son futur. Est-ce vrai? Vais-je devoir m'occuper d'un ignorant? Si tout cela est vrai en tant que Matsuda, mon devoir sera de tout lui apprendre...

    La Famille Matsuda a toujours été la plus proche de la famille de l'Oyabun. Chaque membre de ma famille a formé son Oyabun.

    Je suis dans le fond du casino quand je remarque Tomoku-san. Il semble nerveux. Je me dirige avec mes frères vers lui. Nous le forçons à nous suivre. Après la porte de fer grise, nous nous trouvons dans une ruelle sombre, éclairée par un lampadaire trop vieux et à bout de force pour que l'on puisse nous voir de la grande rue.

    - Tomoku-san, notre Oyabun nous fait venir à vous. Vous savez pourquoi non?

    -Je... Je suis désolé, je n'ai pas l'argent!

    -Vous savez ce que vous risquez?

    -Je... Je vous rembourserai c'est sûr!

    -Le double de la somme, tu as 1 semaine.

    Il continue de nous persuader de sa sincérité, que l'argent nous sera donné en temps et en heure. Il part ensuite tête baissée de la ruelle. Avant qu'il ne tourne, je sors mon arme et lui tire dans l'épaule.

    « Une semaine. Si nous n'avons pas l'argent la semaine prochaine, je finirais le travail! »

    Gémissant de douleur il s'en va. Je range mon arme et rentre dans le casino, suivi par mes frères. Notre travail est fini. Je rentre chez moi après être passé chez l'Oyabun pour faire mon rapport et présenter mes respects à mon maitre.

    A peine arrivé chez mes parents, mon père m'appelle dans son bureau. Je m'y dirige, pose un genou à terre et demande la permission d'entrer.


    Lexique du chapitre=

    Ohayo gozaimasu= Bonjours (vouvoiement)
    Oka-sama = Mère
    Purikura Photomaton connu au japon, pour faire des photos décorer a notre choix, avec divers tampon virtuel et autre decoration. Les photo sont généralement assez petit et collante.
    Bento= Boite repas uttiliser au japon par les étudiants et les travailleur.

    Les bentos sont uttulisé par les etudiant pour leur repas. Ceux-ci se prenne de plusieur façon=
    1= Il prenne un bento, soit en salle de classe, dans la cours ou dans la cafétéria
    2= La cafétéria est uttulisé par plusieurs éléve
    3=Des stande se trouve dans l'ecole, souvent diriger par des éléves plus agée (sempai); les éléves y achete leurs nourritures.

    Dojo= Lieu où les Japonais pratique l'art du budô (art martial) ou il pratique la médiation.
    Gumi[.b]= Clan
    Oyabun= Chef de clan, Chef de famille
    Shatei-gashira= Deuxieme lieutenant
    Kobun= Membre du clan


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  • Chapitre 2


    < POV Yuukiichiro >


    Matsuda Daiki : Yuukiichiro-kun, tu sais depuis que tu es jeune, que tu dois me succéder?

    Matsuda Yuukichiiro : Oui Otô-san, j'y suis préparé.

    M.D : J'ai reçu un message de Tamagochi-Sama. Il souhaite que sa formation commence le plus tôt possible.

    M.Y : D'accord, Otô-san quand rencontrerai-je Kozou Oyakata?

    M.D : Demain soir. Tu devras aller le chercher à son lycée. Je viendrai avec toi, nous irons le chercher nous-même en cours.

    M.Y : Pourquoi en cours?
    ….
    Zannnen Otôsan.


    M.D : Ce n'est rien, ta question est normale Yuukiichiro. L'Oyakata Tamagochi souhaite que son fils n'échappe pas à son avenir. Faire en sorte qu'il soit connu même au sein de son lycée, rendra sa formation obligatoire pour l'honneur de son sang.

    M.Y : Digne d'un maitre Oyabun.

    Après cette conversation je suis allé me coucher. Je me réveille le lendemain à 6h, comme tous les jours. J'enfile mon kimono et me dirige vers le dojo pour m'entrainer. J'y reste durant quelques heures puis me dirige vers la maison principale pour m'habiller.

    Comme dans toute famille qui se respecte, à mon sens, nous mangeons à midi, tous ensembles. Puis vers 14h30 nous allons dans l'établissement scolaire du jeune maitre. Je ne pense pas qu'il sera si heureux que ça. Si j'ai bien compris, il n'accepte pas son futur rôle, et donc voir deux hommes en costume noir venir le chercher à l'intérieur même de l'établissement, ne devrait pas le rendre heureux.

    < POV Akihiko >

    - Onii-sama !!! Onii-sama réveille-toi !

    - Qu’est-ce qu’il y a Kotoko-chan ?

    - J’ai besoin de toi pour un devoir que je n’ai pas pu finir hier soir…

    - Kotoko-chan tu abuses, tu as vu l’heure ?

    - Oui il est 6h15 mais s’il te plait, je n’ai pas dormi de la nuit à cause de ce devoir et il faut le rendre aujourd’hui… onegaishimasu [s’il te plait]

    - Raaah, tu as de la chance que tu sois ma imoto-chan …sinon je me lèverais jamais à cette heure-là…

    Kotoko devrait apprendre à se débrouiller un peu seule, je ne serais pas toujours derrière elle pour l’aider.

    - Bon quel est le problème ?

    Elle me montre alors ses devoirs et nous les faisons ensemble. Cela ne me prend pas plus de 15 min et elle est émerveillée.

    - C’est sûr, tu iras à Kyodai

    - Arrête voir un peu…

    - Mais je suis sérieuse onii-sama

    - Kotoko, n’utilise pas « -sama » tu sais très bien que je n’aime pas ça…

    - Oui oui…o-nii-ch-an !!!

    Elle me fait un clin d’œil en me tirant la langue

    - Tu vas voir, viens ici…

    Je l’attrape par la taille et la jette sur mon lit. Nous commençons alors une bagarre de chatouilles digne d’enfants de quatre ans, jouant et rigolant aux éclats.

    Ray : Akihiko-sama, soyez plus discret s’il vous plait…

    Kotoro : Nous ne faisons rien de mal Ray. Arrête de toujours t’inquiéter pour tout et pour rien.

    Akihiko : Exactement, écoute la voix de la sagesse de la grande miko Kotoro-dono !!!

    Kotoro : Baka , si je suis une miko, tu es mon Kami-sama.

    Nous nous remettons à rire. Kotoro et moi sommes vraiment très proches. Elle est ma confidente dans ce monde de brute. Elle a 14 ans, les cheveux d’un noir profond et les yeux aux couleurs de la nuit. Elle a un rire cristallin qui colle très bien à sa personnalité joyeuse et débordante. Elle remonte le moral de tout le monde sans s’en rendre compte, rien que par sa présence.

    R : Sumire-san vous demande de vous rendre dans votre chambre afin vous habiller. La voiture est déjà en bas.

    K : Quoi déjà ? Mais il est quelle heure ?

    R : 6h45 Kotoko-sama!

    K : Aaaahh mince je dois me préparer et déjeuner…je suis à la bourre !

    A : Ça t’apprendra à faire tes devoirs à la dernière minute et d’aller dans une école à une heure de route d’ici !

    K : Comme si j’avais choisi d’intégrer une école privée de filles…

    A : D’ici l’année prochaine tu viendras dans mon lycée alors râle pas…moi aussi j’ai été dans un collège de garçon… au moins maintenant je suis dans une école mixte.

    ? : Kotoko-sama !

    K : J’y vais…

    Je rigole en la voyant filer en trombe dans le corridor. Quant à moi, je me lève, me douche et m’habille. C’est un peu la routine qui reprend. Le petit déjeuner, la limousine jusqu’au lycée, l’attroupement de filles, les cours, le repas de midi, et les cours.

    Je suis maintenant en pleine classe d’anglais. La prof est ennuyeuse à mourir. Elle récite sa leçon d’une voix monotone et régulière. Dans la salle, certains élèves dorment, d’autres tapent sur leurs portables ou regardent des images défiler sur l’écran de la pièce. J’aime bien ce lycée. Comme je vous l’ai déjà dit, c’est une école privée. A ce jour, il y a 1028 garçons, 568 filles et 300 membres du personnel scolaire (professeurs, staffs, cuisiniers, caissiers etc.). Chaque salle de classe possède un écran plat ainsi qu’un climatiseur. Dans le bahut, on trouve une vingtaine de distributeurs de boissons à des prix vraiment réduits. Il faut dire que l’école n’est pas en manque d’argent. Un télescope géant surplombe le toit du lycée tandis qu’une piscine énorme se trouve sur un de ses côtés.

    Bref ce lycée est fait pour les riches, car il faut payer pas mal d’argent pour pouvoir y accéder. Beaucoup d’élèves qui en sortent, intègrent des universités prestigieuses telles que Tokyo Daigaku mieux connue sous le nom de Todai, ainsi que Kyoto Daigaku alias Kyodai.

    Je sursaute en entendant la voix de la prof crier,

    - Hai, ni hairu! [Oui, entrer !]

    Je regarde les autres élèves qui sont tous revenus « sur terre ». Je me tourne vers la porte et un hoquet de surprise se coince dans ma gorge au moment où j’aperçois des habits familiers franchir le seuil de la porte. Les chuchotements commencent d’ores et déjà à se multiplier dans la classe. Que fait-il là ? Que fait Matsuda Daiki dans ma classe, habillé de la sorte en plus ? Que vont penser les autres ?

    < POV Yuukiichiro >

    J'entre dans la classe suivi de mon père. Dès notre entrée, des murmures se font déjà entendre. Les filles chuchotent je ne sais quoi. Père s'avance vers le professeur et lui parle à voix basse. Cette dernière finit par parler.

    Professeur : Seijaku ! Tamagochi Akihik-kun, okite kudasai onegeishimasu. [Silence ! Tamagochi Akihiko, levez-vous s’il vous plait]

    Un jeune garçon se lève alors, il semble gêné. Alors c'est lui? Que vais-je bien pouvoir apprendre à un garçon si frêle? Va-t-il pouvoir un jour prendre la suite de son père?

    Matsuda Daiki : Kozou Oyakata, comme il vous a été dit il y a plusieurs années, votre formation commence dès aujourd'hui. Voici mon fils Matsuda Yuukiichiro, il sera votre garde du corps dès à présent.

    Tamagochi Akihiko : Ore o baka ni suru no ka? Mattaku bakarashii [Tu te fous de moi ? c’est complètement débile ! ]

    Je vois Kozou Oyakata prendre ses affaires et partir. Je l'intercepte dans l'embrasure de la porte. Un regard vers Otô-san me conforte dans mon idée, je dois bien agir de la sorte... Je suis aux ordres du Kozou Oyakatat out en étant son Sensei.


    Matsuda Yuukiichiro : Navré Kozou Oyakata,  mais votre cours n'est pas terminé, veuillez-vous assoir en attendant la fin du cours s'il vous plait.

    Kozou Oyakata me lance un regard noir puis retourne s'assoir après les recommandations autoritaires de son kyoushi. Père est parti, me laissant seul avec Tamagochi-sama. Je me poste debout au fond de la salle, attendant la fin du cours.

    Certaines filles se retournent sur moi ainsi que des garçons. Je n'avais plus vu ce genre de comportement depuis bien longtemps. Je dois tout de même rester sérieux.


    <POV Akihiko >

    La honte…voilà le mot qui me caractérise en ce moment.

    Les regards sont tournés vers moi et je sens que les ragots vont aller bon train. En entendant les paroles de Daiki-san, mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai eu envie de tout casser et de partir de cet endroit mais…mon regard s’est figé dans celui de son fils… il m’a donné l’ordre d’aller me rassoir et sachant très bien que je pourrais avoir des problèmes avec mon père, il m’a fallu obéir.

    - Akihiko…hey….pssssst Akihiko-kun !

    Je lève les yeux et aperçois un de mes camarades me tendant un petit mot. J’allonge le bras pour l’attraper mais mon nouveau garde du corps l’intercepte et me lance un regard assassin. Je soupire, assez fort. La classe commence à chahuter et les chuchotements reprennent de plus belle. Je plonge mon regard dans celui de mon nouveau « persécuteur ». Je sens que ça ne va pas le faire…vraiment pas…

    Lexique du chapitre =

    Kozou Oyakata= jeune maitre
    ôto-san= Père
    Zannnen= Désolé (navré)
    sensei= Professeur, instituteur
    kyoushi= Professeur a l'ecole
    Seijaku= Silence
    okite kudasai = Se lever/ Levez vous
    Imoto = petite sœur (porte le sufixe "chan" quand la ersonne est familière)
    Kami = dieu
    Mattaku bakarashii = "C’est complètement débile" !
    Miko = jeunes femmes au service d'un sanctuaire shintoïste, équivalent à « prêtresse » mais ce mot n’existe pas vraiment.
    Onegaishimasu = S’il vous plait
    Oyakata = maitre
    Baka= Idiot, Imbécile
    Onii-sama= Grand frère, de façon polie


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  • Chapitre 3

    < POV Yuukiichiro >

    La sonnerie de fin de cours retentit. Tandis que les élèves se préparent pour sortir, je m'approche du Kozou Oyakata et lui donne le mot qui circulait. Il me regarde bizarrement.

    M.Y : Je ne suis pas autorisé à lire les mots vous étant destinés, mais le fait de le lire en cours n'est pas autorisé.

    T.A : Je le sais! Dit-il en prenant brusquement le bout de papier.

    Il sort de classe suivi d'un jeune garçon. Je le suis à bonne distance. Mon travail est de le surveiller, sachant pertinemment que je devrais déménager près de lui dès à présent.

    Je ne sais pas où il va, ne connaissant pas l'établissement, je finis par le perdre. Il l'a fait exprès ! Où est-il passé?


    < POV Akihiko >

    Ray : Vous ne devriez pas faire ça Akihiko-sama…

    A : Ça suffit !!!

    Je prends la main de Ray et l’entraine dans les escaliers menant au toit. Une fois arrivés, je le lâche, m’appuie contre le mur et me laisse tomber à terre tout en contemplant le ciel.

    - Chikuso [putain]

    Ray me regarde et vient s’assoir à côté de moi. Il ne dit rien mais reste là, comme à son habitude. Nous demeurons sur le toit pendant une quinzaine de minutes et nous décidons de redescendre.

    Le bahut se vide petit à petit, les élèves se rendent à leurs clubs ou aux cours du soir. Je soupire en voyant mon garde « casse-pied » m’attendre devant la limousine. Je m’avance en trainant les pieds jusqu’au véhicule, il s’approche de moi en me voyant au loin. Il semble furieux…

    < POV Yuukiichiro >

    Je le vois arriver trainant ses pattes vers la limousine, il baisse la tête dès qu'il voit mon regard quand j'enlève mes lunettes.

    M.Y : Tamagochi-sama, avec tout le respect que je vous dois, dans la situation actuelle vous ne pouvez pas partir comme ça!

    T.A : Et en quoi? J'ai toujours vécu comme ça!

    M.Y : N'oubliez pas votre rang! Vous risquez d'être en danger! Quelqu'un pourrait vous tirer dessus! Et si je ne suis pas là pour intercepter les balles à votre place, comment vous ferez?

    Je lui ouvre la portière et le laisse entrer, suivi du jeune qui semble être avec lui. Je referme la voiture derrière lui assez brusquement et entre à mon tour à l'avant de la voiture. Le chauffeur, toujours silencieux, démarre.

    Nous arrivons bien vite devant le portail de la maison principale. La voiture s'arrête. Je sors et ouvre la portière au Kozou Oyakata. Il sort suivi de l'autre garçon.

    Garde : Tamagochi-sama! Maitre Tamagochi souhaite s'entretenir avec vous et le Jeune Ray dans son bureau.

    Le garde très révérencieux, comme il se doit, se remet droit et demande à Akihiko de le suivre, ce qu'il fait. Je les suis comme les ordres. Nous arrivons bien vite devant de grandes portes coulissantes. Une servante annonce le jeune-maitre qui entre après accord dans la pièce, suivi de Ray. Je m'adosse à la porte.


    < POV Akihiko >

    « Quelqu'un pourrait vous tirer dessus » Gna gna gna… il s’entend lui ? Il se croit dans un film ou quoi ?

    Je lui jette un regard en coin et pénètre dans le bureau de mon père.

    Les portes coulissent et se referment derrière nous, ce qui me ramène à la raison. Je suis rarement venu dans cette pièce. A vrai dire, je ne connais pas très bien mon père. Je vis dans la même maison que lui, oui, mais il est rarement là. Et quand il est présent, il est le plus souvent dans son bureau ou dans la chambre conjugale. Ainsi, je prends mes repas seulement en compagnie de ma mère, ma sœur et Ray.

    Mon père me fait signe de m’avancer. Je m’exécute en silence. J’avance avec précautions, comme si je m’attendais à une quelconque réaction de mon géniteur qui m’inciterait à rebrousser chemin.

    Je parcours la pièce des yeux. En fait elle n’est pas si différente des autres salles si ce n’est qu’un autel se dresse derrière le bureau de mon père. Mais je ne suis pas trop dépaysé. Quand j’étais plus jeune, je me faisais des montagnes de films en imaginant le décor de ce bureau. Cet endroit m’était interdit d’accès, si bien que j’ai toujours eu envie d’en connaître l’intérieur. En fait, il est presque semblable au salon. Une dizaine de tatamis en paille recouvrent le sol. Des shoji entourent presque entièrement la pièce et s’ouvrent sur l’engawa menant au jardin.

    - Akihiko-kun

    Je sursaute à l’appel de mon nom. Je m’étais perdu dans la contemplation du bureau. Je le regarde et il poursuit alors,

    - Akihiko-kun, si je t’ai fait venir jusqu’ici, c’est pour une bonne raison, vois-tu laquelle ?

    Je ne dis rien…je n’ai jamais accepté ce destin et refuse toujours de l’accepter. Ainsi devant mon mutisme soudain, il continue son monologue.

    - Tu as maintenant 16 ans, il est grand temps pour toi de commencer ta formation afin de devenir dans le futur, un Oyabun qui fera honneur à nos ancêtres. La famille Tamagochi maintient l’ordre et la discipline du clan depuis de nombreuses lunes. Ainsi, ce sera à ton tour un jour de perpétuer ce schéma et de mener le clan vers la gloire et l’honneur. Nous allons faire en sorte que tu deviennes un grand Oyabun. Tu suivras donc le même parcours que j’ai suivi à ton âge. Je compte sur toi pour apprendre vite et bien.

    Je l’écoute en silence. J’ai de la peine à rester en place, encore cette histoire d’Oyabun…je l’entends depuis bien longtemps mais ce poste me répugne. Je l’ai toujours refusé et ce n’est pas maintenant que je vais accepter cette « formation »…

    - Ray-kun ?

    - Oui monsieur ?

    - Je compte sur toi pour servir ton maitre du mieux que tu le peux. Tu es la personne choisie pour le servir jusqu’à ce que le rang d’Oyabun passe à sa future progéniture…

    - Oui monsieur !

    Je déglutis difficilement et veux protester mais mon père me devance.

    - Je vais maintenant te présenter la personne qui sera ton instructeur, ton garde du corps et qui deviendra le Shatei Gashira.

    Il se tourne vers la servante et lui demande de faire rentrer la personne en question.


    < POV Yuukiichiro >

    La servante vient me chercher, j'entre alors dans le bureau, posant préalablement avant d'entrer, un genou à terre.

    Je me rabaisse et pose les mains ainsi que le haut du corps près du sol. Telle doit être la révérence pour notre Oyabun.

    M.Y : Otsukaresama desu Oyabun-sama.

    Oyabun : Akihiko-kun, je te présente Yuukiichiro-Kun, Le premier fils de Matsuda Daiki. Il sera ton Sensei durant ta formation comme l'a été son père pour moi.

    T.A : Oui Oto-sama.

    Akihiko semble timide et répond tête baissée à son père.

    Oyabun : Yuukiichiro-kun, es-tu prêt de ton côté?

    M.Y : Je suis prêt Sama. Je suis à vos ordres et à ceux de votre successeur.

    Oyabun : A mes ordres ! Durant la formation, telle le veut la tradition, mon fils sera votre maitre autant que vous serez le sien.

    M.Y : Oui Sama.

    Akihiko-sama semble surpris et me fixe tel un extra-terrestre. L'Oyabun me demande alors de me présenter. Je me tourne vers Akihiko, révérencieux et lui annonce qui je suis.

    M.Y : Kozou Oyakata, je me nomme Matsuda Yuukiichiro, premier fils de Matsuda Daiki, Shatei-gashira de Tamagochi-sama votre père. J'ai 21 ans et je serai à partir de ce jour votre Sensei pour faire de vous un Oyabun digne de votre lignée.

    Oyabun : Avez-vous appris des arts martiaux Yuukiichiro-kun?

    M.Y : Oui masta, depuis ma tendre enfance, dès l’âge de 4ans mon père m'a enseigné l'art du combat à mains nues et au sabre.

    Oyabun : Bien, Bien. Je vous laisse mon musuko entre vos mains. Apprenez-lui tout ce qui lui faudra et protégez-le.

    M.Y : Watashi wa, watashi no meiyo to kazoku no meiyo ni chikatte iru anata no musuko ga moreru no chi. Watashi wa seiyaku watashi no jinsei wa sukuu tame ni [Je vous jure sur mon honneur et l'honneur de ma famille, que le sang de votre fils ne coulera jamais. J'engage ma vie pour sauver la sienne.]

    Lexique du chapitre =

    shōji = paroi ou porte constituée de papier washi translucide monté sur une trame en bois
    Engawa =  se réfère à la bois bande généralement des revêtements de sol immédiatement avant fenêtres et volets de tempête à l'intérieur des chambres traditionnelles japonaises., ce terme signifie également  la véranda à l'extérieur de la salle , qui était traditionnellement considéré comme un nure'en (濡れ縁 ? ). [2]
    Otsukaresama desu= Bonjours respectueux envers un chef.
    Sama= Sufix mais voulant aussi dire « maitre »
    Masta= Se mots veux aussi dire maitre, mais ce n'est pas un mots réellement Japonais. C'est un dérivé du mots "Master" en anglais. Il est le plus souvent uttilisé dans les mangas, mais peut être uttilisé aussi dans la vie car il est compris.
    Musuko= Fils


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  • Chapitre 4


    < POV Yuukiichiro >

    Je suis avec le jeune garçon devant la porte de la chambre du jeune maitre, je me demande depuis longtemps qui il est.

    M.Y : Désolé de vous demander cela jeune homme, mais qui êtes-vous?

    Ray : Je me nomme Ray, je suis le majordome d’Akihiko-sama.

    M.Y : D'accord. Je vous serai donc gré de me prévenir des actes du kozou Oyakata, pour sa sécurité.

    Ray : Euh... Bi...Bien sûr.

    M.Y : Merci bien.

    Nous entrons dans la chambre du jeune maitre quand nous entendons un bruit de fracas.

    < POV Akihiko >

    Je rentre en trombe dans ma chambre. Je suis hors de moi et je ne tiens plus en place. Mon maitre ? Il se fout de la tête de qui là ??? Je refuse de devenir un yakuza !!! Jamais… JAMAIS !!!

    Je refuse de voir des personnes mourir, d’instaurer la peur partout autour de moi !

    Je m’appuie sur ma table et regarde par la fenêtre de ma chambre. J’aperçois mon père sortir, entouré de quatre hommes vêtus de noir. Une colère soudaine monte en moi. Pourquoi ? Pourquoi suis-je né en étant un Tamagochi ? POURQUOI ?

    Je prends le vase posé sur la table et le balance contre la fenêtre qui part en éclat sous la force de l’impact. Je vois alors Ray et Yuukiichiro-san rentrer en trombe et me rejoindre. Je n’entends pas ce qu’ils me disent, mon regard est vidé de toute expression. J’en ai juste marre…marre de cette vie qui n’a pas encore commencé mais qui s’annonce sombre et violente…

    Yuukiichiro-san s’approche de moi et me tiens fermement par les épaules.


    < POV Yuukiichiro >

    Le jeune maitre semble vraiment énervé, Il respire plus fort qu'à la normal mais baisse les yeux.

    M.Y : Jeune maitre, malgré toute votre volonté d'éviter votre avenir, vous ne pourrez rien changer. Votre futur sera d'être le nouvel Oyabun du Gumi. Le clan entier a besoin de vous.

    Il ne réagit pas, il ne bouge même pas. Ray derrière nous range la chambre.

    M.Y : Vous devez devenir Oyabun pour maintenir votre train de vie, ne serait-ce que pour permettre à votre famille de continuer ainsi, et pour tous les autres membres du clan. Pour votre honneur.

    T.A : Honneur? Vous n'arrêtez pas de parler de ça.

    M.Y : Je vis pour l'honneur de mon Gokazoku et du Gumi.

    T.A : Mais qu'est-ce que cela peut vous faire à vous tous ?

    M.Y : La plus part d'entre nous, avons été élevés de la sorte. Nous sommes en vie grâce au clan!

    Il me regarde bizarrement… qu’y a-t-il de si spécial?

    M.Y : Je suis en vie car votre père, mon maitre, a sauvé la vie de ma mère lors de son accouchement. Je serais mort en même temps qu'elle, si votre père n'avait pas été là! S'il n'avait pas étéOyabun. Mon Honneur est en jeu, dans la protection de votre vie.

    < POV Akihiko >

    - Ça suffit…

    Ce yakuza s’agrippe toujours à mes épaules comme s’il voulait que j’accepte son point de vu par ce simple contact. Je place mes mains sur mes oreilles et je poursuis en sanglotant…

    - Qui voudrait d’une vie comme ça ? Qui voudrait tuer des gens ou être tuer pour quelqu’un d’autre ? Je ne comprends pas…je ne veux pas de ça…je ne veux pas qu’on risque sa vie pour… quoi ? « l’honneur » tu dis ? « l’honneur » ? Ne te fiche pas de moi… Qu’est-ce que l’honneur dans une vie ? Pourquoi tout le monde ne jure que de ça ? Pourquoi toute notre vie n’est fondée que sur ce mot ?

    Ray vient vers moi et fait signe à Yuukiichiro-san de me lâcher. Il me prend dans ses bras et me fait assoir sur le lit. Une servante rentre dans la pièce et commence à débarrasser les morceaux de verres éparpillés un peu partout dans la pièce.

    Ray : Akihiko-sama vous devriez dormir un peu…

    Yuukiichiro : Jeune maitre, ma chambre se trouve juste à côté de la vôtre. S’il y a quoique ce soit, vous pourrez venir me chercher. Ma porte est reliée à la vôtre…

    Je ne réponds rien…je ne veux pas répondre…je veux juste m’échapper de cette vie…

    Ray quitte la pièce en compagnie de mon garde du corps. Il parle derrière la porte mais je n’entends que des bribes de mots…à bout de force, je m’effondre dans un profond sommeil.

    < POV Yuukiichiro >

    Ray : Akihiko-sama ne veut pas être Oyabun. Je ne pense pas que la force soit la meilleure solution pour l'instant.

    M.Y : J'ai été élevé depuis mes 4 ans pour enseigner au futur Oyabun ce qu'il doit savoir. Le fait de ne pas vouloir devenir ce qu'il doit devenir, n'est pas une possibilité ! Tamagochi-sama, m’a demandé de former son fils coûte que coûte. Et je le ferai.

    Ray : Je le sais, mais si tôt c'est....

    M.Y : Sa formation commence, la première étape est l'acceptation. Je ne le lâcherai plus dorénavant, jusqu'à ce qu'il comprenne.

    Ray : Même au lycée?

    M.Y : Au lycée, je serai à la distance maximale, mais je serai toujours là. L'annonce qu'il deviendra le successeur a été faite dans tous le clan. Il est dorénavant en danger de mort à chaque instant. Si vous voulez l'aider, préparez-vous aussi.

    Je me dirige vers la chambre qui m'a été désignée. Mes affaires ont été déplacées, j'y retrouve plusieurs cartons et mon lit. Je commence à ranger mes affaires.... 2 heures plus tard, quand je range mes katanas, j'entends quelqu'un qui demande l'autorisation d'entrer.

    < POV Akihiko >

    - Ray, ça suffit ! Pourquoi devrais-je aller m’excuser ?

    - Parce que vous avez été très dur avec lui, Akihiko-sama ! Et si vous voulez qu’il y ait une bonne entente, il faudra le faire.

    -. . .

    Ray lâche ma main et toque à la porte qui relie ma chambre à celle de Yuukiichiro-san. Il demande alors la permission d’entrer. Une voix à l’intérieur nous donne l’autorisation. Ray ouvre la porte et me jette presque à l’intérieur en me disant « bonne chance ». Je lui en foutrais des « bonne chance » moi… Je me retourne et fais face à mon sensei.

    - Oui jeune maitre ? Il y a un problème ?

    Je déglutis…je te hais Ray !!! Je regarde mon interlocuteur droit dans les yeux.

    - Je suis désolé pour mes manières grossières de tout à l’heure.

    Je tourne les talons et m’apprête à partir quand Yuukiichiro-san me retient par le bras.

    - Attendez…


    < POV Yuukiichiro >

    Je pose la main sur son épaule et il se retourne. Je m'agenouille devant lui, tête baissée.

    M.Y : Kozou Oyakata, je suis à votre service autant que je dois vous apprendre. Vous pouvez tout me dire et me faire. Vous ne comprenez pas pourquoi je vis pour l'honneur, mais c'est le cas.

    Je me relève aussitôt. Devant me préparer pour une mission, je me change, sans me préoccuper de sa présence. Il décide de ce qu'il fait. J'enlève mon t-shirt et me retrouve torse nu.

    Sur mon dos est tatoué un dragon noir et rouge, le regard vers le haut.

    Tatouage de YukiiTatouage de Yukii

    < POV Akihiko >

    Je suis absorbé par ces dessins et sans m’en rendre compte, je suis déjà collé à lui, mes mains parcourant les courbes du dragon.

    M. Y : Jeune maitre ? Je sursaute et reviens à moi. Il se retourne et me fait face. Nous ne sommes qu’à quelques centimètres l’un de l’autre et je peux sentir son souffle au-dessus de moi. Je lève les yeux et me perds dans les siens. Nous nous regardons sans mot dire.

    Ray rentre dans la pièce en se raclant la gorge. Nous nous séparons instantanément et mon visage s’empourpre.  

    Ray : Akihiko-sama, madame vous fait demander.

    Je quitte la pièce sans un regard derrière moi.


    Lexique du chapitre=

    Gokazoku= Famille (polie)


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  • Chapitre 5


    < POV Yuukiichiro >

    Le jeune maitre part sans mot ni regard à mon encontre. Je ne sais pas pourquoi il a fait ça. Mon tatouage est-il bizarre?

    Étant un yakuza et de par mes actions, j'ai mérité de porter ces tatouages. Un dragon dans le dos ainsi que carpe-koï sur mon épaule.




    J'enfile ma chemise ainsi que mon pantalon. Puis je prends ma veste et sors. J'arrive près du salon de mon jeune maitre en tenue. Ma mission est tout simplement de l'accompagner dans sa journée. Sa mère lui demande de faire quelques courses. A partir d'aujourd'hui, je suis son chauffeur, pour ne pas prendre le risque qu'un tiers le mette en danger. Seul Ray peut le suivre avec moi-même.


    < POV Akihiko >

    Je presse le pas jusqu’au salon. Mon cœur bat très vite…mais qu’est-ce qu’il m’a pris ? Je n’ai jamais touché le corps de quelqu’un et encore moins celui d’un garçon.
    Je jette un regard sur le côté et aperçois le visage intrigué de Ray. Je l’ignore et m’annonce devant la porte coulissante séparant le salon du corridor. On me donne la permission d’entrer et je m’approche de ma mère.

    - Akihiko-kun

    - Oui Oka-sama [mère] ?

    - J’aurais besoin que tu fasses quelques courses pour moi. Tu vas te rendre dans le centre avec Ray et me rapporter le matériel nécessaire pour la cérémonie du thé. J’ai fait une liste des endroits où tu devras te rendre.

    Elle me tend le papier.

    - Tu iras également dans ce magasin qui se trouve tout en bas de la liste. Là, tu essayeras des kimono et en choisiras un pour la réception auquel nous devrons assister dans trois jours.
    Elle se tourne ensuite vers la porte restée entrouverte,

    - Yuukichiro-kun, entre !

    - Oui Kami-sama ?

    - Je te confie mon fils, prends-en le plus grand soin. S’il lui arrive quelque chose, tu sais ce que tu risques.

    Je suis bouche-bée devant cette scène. Je n’ai jamais entendu ma mère parler de la sorte. J’ai l’impression de me tenir debout devant une autre femme. Yuukiichiro-san s’incline en lui faisant la promesse de donner sa vie pour moi s’il le faut.

    Elle redevient soudainement « normale » en s’adressant à moi,

    - Yuukichiro-kun sera ton chauffeur et garde-du-corps dès cet instant. Reste sage et ne le quitte pas d’une semelle, d’accord ?

    - Oui Oka-sama…

    Nous sortons tous les trois de la pièce. Je suis complètement perdu. Depuis quand ma mère fait-elle si peur ?


    < POV Yuukiichiro >

    M.Y : Kozou Oyakata, vous allez bien?

    T.A : Oui, oui, je n'ai juste pas l'habitude de voir ma mère ainsi.

    M.Y : C'est une femme de Yakuza, Kozou Oyakata. Elle est obligée de se montrer dure envers les Kobun du Gumi Yamigochi-rengi. Les femmes ne sont que trop peu présentes dans le monde des Yakuza.

    T.A : Je n'aime pas le monde des yakuza.

    M.Y : Les yakuza ne sont pas plus durs que l'humanité, ils sont juste plus opportunistes. Il y a ceux qui se font marcher dessus, et ceux qui contrôlent. Nous contrôlons et je vous apprendrai à contrôler.

    Kozou Oyakata se  tait mais son regard noir me montre son mécontentement.  Il ne comprend pas encore que maintenant, sa vie est en jeu. Il se doit de devenir fort et même impitoyable pour survivre. Après que  Tamagochi-kozousama se soit installé, je me mets derrière le volant et conduis, nous menant au premier magasin. Le quartier peut sembler très calme, mais il est tout de même dangereux. Le Clan Catoge-renjo a son quartier général tout près sous l'apparence d'une blanchisserie. C'est un petit Gumi comparé à celui de la famille Tamagochi, mais il reste assez dangereux.

    J'ouvre la portière au jeune maitre et à Ray. Ils entrent dans l'épicerie fine calmement, ils ne se rendent pas compte du danger. Je vérifie la présence de mon arme et les suis dans le petit magasin tenu par une vieille femme. Takirui Sakura est une femme qui a toujours fourni en thé la famille Tamagochi.


    < POV Akihiko >

    Je sors de la voiture et m’aventure dans le magasin. Ce n’est que le premier endroit de la liste où je dois me rendre et j’en ai déjà marre. Il fait chaud, mais un petit courant d’air frais fait bouger le carillon suspendu à l’entrée du magasin. Je le regarde avec attention, Yuukiichiro-san se place à côté de moi et prend la parole.

    - En fang shui, les carillons comme celui-ci, peuvent avoir plusieurs fonctions : appeler ou repousser. Ils appellent à l’ordre ou à la prière tout en éloignant les esprits maléfiques, les énergies négatives ou encore les maladies.

    Le silence régnant ici est reposant. La cloche tinte plusieurs fois et s’arrête pour reprendre de plus belle. Je m’avance vers la vendeuse. Je m’incline et lui présente mes respects.

    - Konnichiwa Takirui-san ! [Bonjour Takirui-san !]

    - Oh Akihiko-kun, tu as bien grandi, tu deviens gentiment un adulte.

    Elle se met soudain à rire et se tourne vers ceux qui m’accompagnent.
     
    - Voilà le petit Ray, tu as aussi bien grandi mon garçon, comment va ta mère ? Est-elle encore malade ?

    - Sa santé est encore très fragile, merci de demander de ses nouvelles. Le médecin de la famille Tamagochi s’occupe bien d’elle. Je leur en suis vraiment reconnaissant.

    - Oh, je vois, j’espère qu’elle ira mieux.

    Je regarde Ray qui a le visage baissé et le regard sombre. L’état de santé de sa mère est un sujet qu’il n’aime pas aborder.

    - Et vous êtes ?

    Elle vient de s’adresser à mon « garde casse-pieds », qui lui répond tout en s’inclinant,

    - Hajimemashite, watashi wa Matsuda Yuukiichiro desu. Yoroshiku o-negai shimasu. [Enchanté, je suis Matsuda Yuukiichiro, je vous prie de faire le nécessaire.]

    - Matsuda ? Comme dans Matsuda Daiki ?

    - Oui, Matsuda Daiki est mon père.

    - Donc ta présence, au côté du Kozou Oyakata ne peut signifier qu’une seule chose.

    - Oui, en effet.

    - Très bien. Je vous conseille d’être très prudent, vous n’êtes pas sur un de vos territoires.

    Pourquoi m’appelle-t-elle « jeune maitre » ? C’est une manie chez eux ou quoi ?


    < POV Yuukiichiro >


    M.Y : Je le sais, je suis d'ailleurs préparé à n'importe quelle situation, le jeune maitre est protégé.

    T.S : J'espère bien, sinon, vous  aurez quelques problèmes.

    M.Y : J'y suis préparé.

    Le jeune maitre me regarde, interrogatif. Il doit se demander quel genre de problèmes je pourrais avoir, ou peut-être qu'il s'en moque... Il achète le thé puis nous sortons du magasin. Je sors avant lui pour lui ouvrir la voiture.

    Je n'avais pas prévu qu'un homme surgirait d'une ruelle quand le jeune maitre atteindrait la voiture. L'homme pointe une arme en direction du jeune maitre. Je me place directement devant lui.

    Homme : Pousse-toi ! Ou je tire!

    M.Y : Qui es-tu?

    Homme : Pousse-toi ou je tire!

    L'homme est en colère. Il semble instable et surtout il ne semble pas se rendre compte de ses actes. Je tente le tout pour le tout. Je sors mon arme et tire sur lui, mais un reflex de sa part fait que je me prends à mon tour une balle.

    Je tombe à genoux en criant à Ray de mettre le jeune maitre à l'abri dans la voiture. Je reste à l'extérieur et  tente de récupérer mon arme au cas où plusieurs autres hommes arriveraient vers nous.

    M.Y : Ray! Appelle le Gumi! Demande de l'aide!

    Je m'adosse à la portière passagère et ferme la voiture à clef. La balle dans ma jambe m'empêchera de conduire, et me bloque donc ici.

    Lexique chap 5

    Yamigochi-rengi = Clan Yamigochi
    Gumi = Clan


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